"L’autofiction doubrovskyenne ou stylistique (Laurent Jenny), lâche ainsi la bride du langage et se donne aux sensations déchainées d’un inconscient spontané, seule l’écriture rendrait ainsi compte d’une réalité foisonnante de détails subtils. Ainsi, à la différence de l’autobiographie mise au crible de la conscience, l’autofiction serait « l’autobiographie de l’inconscient». L’écriture autofictionnelle est donc d’une inspiration psychanalytique, c’est une écriture associative, écriture de cure, une écriture de confession et de confidence où se donne à nue une profondeur d’un Moi en émoi. C’est ainsi qu’écrire une autofiction ne nécessite pas d’avoir une vie exceptionnelle ou un style littéraire admirable. Mais, il suffit juste de savoir s’abandonner entièrement à l’ivresse de l’écriture sans même chercher à se relire ainsi qu’à la manière des surréalistes, écrire le moment présent, retracer ses souvenirs, peindre ses fantasmes en soumettant le tout à la logique du désordre de la mémoire. Toutefois, par son souci de simplicité et de spontanéité accrue ainsi que son ouverture à un large public, l’autofiction se retrouve souvent qualifiée de genre bas «presque infra-littéraire, à la portée de tous les inconscients et de toutes les incompétences stylistiques». L’absence de soin d’écriture et la valorisation d’un langage débridé ont poussé certains à la qualifier encore de «genre pas sérieux»."

- L’aventure scripturale au coeur de l’autofiction dans Kiffe kiffe demain de Faiza Guène

Feb 19 -

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